Comme un livre ouvert à la croisée des doutes, textes de Béatrice Libert, musiques composées par Patrick Dheur

Ce livre s'est construit jour après jour durant le confinement de Laurence Toussaint dans L’Orne du 17 mars au 11 mai 2020.
Elle a envoyé une image quotidienne à l'auteur qui en a tiré une méditation. Ainsi a pris forme une sorte de correspondance aux allures de journal réunissant 56 photographies et 56 poèmes.

Béatrice LIBERT est l’auteur de livres de poésie, essais, récits et livres pour la jeunesse. Avec des peintres, graveurs et photographes, elle a signé quelques livres d’artistes.

Vous pouvez consulter l'article de Martine Rouhart pour la revue Reflets, en cliquant ici.

Descriptif de l’ouvrage :
120 pages, 56 photos en couleurs et 56 poèmes
Parution : Editions Signum, 2021
Format : 25 x 18 cm
Prix public : 30€

Quatre mélodies pour Mezzo-soprano, violoncelle et piano op 45

-Ce n’est pas rien
-Tout semblait baigner
-Trois notes de silence
-Il faut plus d’une épine

“Nous sommes, dès le départ de la lecture, rendus à nous-mêmes, à nos limites malgré nos pauvres outils de sensibilité et d’entendement. Les choses seraient-elles plus libres que nous ? Faut-il leur laisser l’initiative comme Mallarmé le pensait des mots ? Serait-ce reprendre nos libertés et en jouir par un effacement face à la présence du monde et son infini questionnement qui n’apporte nulle réponse ? Ce recueil tenterait en fait d’apporter une caution allant à la rencontre de ce qui vient d’être dit.

Dans ce recueil, il y a un désir de vivre, de traverser une impasse pour maintenir un espoir fondé sur la volonté d’une affirmation : Rien ne sombrera / je vous le dis frères humains. À partir de cette assertion qui nous fait penser à Villon, si le lecteur l’accepte, on se met à rêver d’une vie première, sans pensée, sans écriture à simplement respirer, où les fonctions du corps retrouvent leur importance pour nous assurer une tranquillité d’esprit. C’est la recherche d’une énergie première dans le ténu des choses au changement d’heure, de saison, dans la force de l’Arbre mon frère généreux, dans la mémoire. Tout ce qui nous entoure et particulièrement la nature est questionné, ramené à la source des sensations, ayant pour effet de nous renvoyer au monde, de faire corps avec lui parce que Nous sommes les enfants de l’aube, du jour qui se lève dans la promesse de la lumière naissante, revenue, après la nuit, pour accompagner notre désir de vivre. Chaque poème est une traversée vers un bien-être, aussi mince soit-il, où le paysage joue un rôle clef par sa présence indéfectible et rassurante.

À observer ce résultat : nous entamons notre lecture par le titre : Comme un livre ouvert à la croisée des doutes et nous l’achevons par ces deux derniers vers : comme peut sourire un livre / ouvert à la croisée des doutes.

Personnellement je n’ai pas ressenti de doute, peut-être parce que les poèmes sont de facture régulière : quatre strophes de deux vers chacune qui maîtrisent le blanc de la page bien que nous soyons à une croisée, lieu d’un choix, pour moi, plutôt qu’ un doute. Question de point de vue.

Belles photographies qui donnent une légèreté au recueil et lui assure un miroir, un face à face entre la nature et son reflet, entre la nature et le poème.

Entre le ciel et son reflet

Une plume tombée d’un nid

Comme un gage de vie

La promesse d’un envol

Il serait bon d’en vêtir nos consciences

Afin que nous soient données

Même science de légèreté

Même empreinte sur le monde.

Article de Jean-Marie Corbusier, JDP 2/2024.

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